Vos mentions légales ne sont plus fondées sur l'article 6 III de la LCEN. Depuis la loi du 21 mai 2024, l'obligation d'identification figure à l'article 1er-1 du même texte. C'est le premier de trois changements que des modèles de mentions légales encore largement diffusés n'ont pas répercutés — les deux autres étant la fermeture définitive de la plateforme européenne de règlement des litiges le 20 juillet 2025, et la nouvelle recommandation cookies de la CNIL du 16 janvier 2026.
Publié par Digitalsunshine — mise à jour du 24 août 2026.
Trois blocs se superposent, et on les confond souvent :
L'obligation d'identification des éditeurs de services de communication au public en ligne a été déplacée à l'article 1er-1 de la LCEN par la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024, dite loi SREN. De nombreux modèles de mentions légales disponibles en ligne citent encore « l'article 6 III de la LCEN ». Ce n'est pas une faute qui vous expose à une sanction — l'obligation de fond n'a pas disparu — mais c'est, à mon sens, un bon indice qu'un modèle n'a pas été relu depuis la réforme, et donc qu'il faut vérifier le reste.
L'article 19 de la LCEN, qui porte les mentions propres au commerce électronique, reste quant à lui cité comme fondement en vigueur par la DGCCRF dans sa fiche pratique e-commerce (relevé du 24 août 2026).
| Élément | Entreprise individuelle / micro-entreprise | Société |
|---|---|---|
| Identité | Nom et prénom, suivis de la mention entrepreneur individuel ou des initiales EI | Dénomination sociale et forme juridique |
| Capital | Sans objet | Montant du capital social |
| Adresse | Adresse du domicile | Adresse du siège social |
| Contact | Adresse électronique et numéro de téléphone | |
| Immatriculation | Numéro d'immatriculation au RCS et/ou numéro Siren | |
| TVA | Numéro d'identification à la TVA, le cas échéant | |
| Hébergeur | Nom ou dénomination sociale, adresse et numéro de téléphone | |
| Activité réglementée | Autorité ayant délivré l'autorisation d'exercer | |
Sources : economie.gouv.fr, page mise à jour le 11 décembre 2025 ; service-public.gouv.fr, fiches F31228 et F37351. Relevé du 24 août 2026.
C'est la question la plus posée par les micro-entrepreneurs, et la réponse honnête est inconfortable. Le mot employé par la loi est « domicile », et la page officielle de l'administration écrit noir sur blanc « adresse du domicile » pour la personne physique.
Aucune source officielle consultée le 24 août 2026 ne mentionne de tolérance, de dérogation ou d'exception. Les articles qui affirment le contraire ne s'appuient sur rien de public.
La voie documentée est la domiciliation. Vous pouvez domicilier votre entreprise à une autre adresse — société de domiciliation, avec un contrat d'une durée minimale de trois mois — et cette adresse devient l'adresse administrative et juridique de l'entreprise, qui « apparaît dans tous les documents de l'entreprise » (service-public.gouv.fr, fiche F2160, vérifiée le 2 juillet 2026). Le raisonnement selon lequel cette adresse satisfait alors l'exigence de la LCEN est logique, mais il n'est écrit tel quel dans aucun texte officiel. Je le signale plutôt que de l'affirmer.
Avant la conclusion du contrat, de manière lisible et compréhensible, votre boutique doit indiquer :
Au moment de valider, le bouton doit porter la mention « commande avec obligation de paiement » ou une formule équivalente sans ambiguïté, « à peine de nullité » selon la formulation de la DGCCRF (fiche pratique e-commerce, relevée le 24 août 2026).
Un point à surveiller de près. Le régime de la vente à distance a été modifié en 2026 : une ordonnance et un décret du 5 janvier 2026 sont entrés en application le 19 juin 2026. Leur objet principal est la commercialisation à distance de services financiers. Le périmètre exact de leurs effets sur les autres ventes n'a pas pu être établi à partir des sources officielles consultées le 24 août 2026. Si votre activité touche à des services financiers, faites vérifier vos conditions par un professionnel.
Le délai est de 14 jours calendaires, à compter de la réception du bien par le consommateur ou par un tiers qu'il a désigné, ou de la conclusion du contrat pour une prestation de service. En cas de livraisons multiples, il court à compter de la réception du dernier bien. Le remboursement doit intervenir au plus tard dans les 14 jours suivant l'information de la rétractation (article L221-24 du Code de la consommation).
Le formulaire type est obligatoire et doit correspondre au modèle défini par l'annexe à l'article R221-1 du Code de la consommation.
Beaucoup de vendeurs d'ebooks affirment qu'un fichier numérique n'ouvre aucun droit de rétractation. Ce raccourci est faux. L'exception vise le « contenu numérique non fourni sur support matériel » une fois la fourniture commencée, ce qui suppose l'accord exprès préalable du consommateur et son renoncement au droit de rétractation.
Autrement dit : si votre page de paiement ne recueille pas ce double consentement, l'exception ne joue pas et les 14 jours s'appliquent. C'est une case à cocher à ajouter, pas une phrase à écrire dans les CGV.
| Fonctionnalité de rétractation | Résiliation en trois clics | |
|---|---|---|
| Texte | Article L221-21 du Code de la consommation | Article L215-1-1 du Code de la consommation |
| Ce que c'est | Permettre au consommateur d'exercer gratuitement son droit de rétractation en ligne, avant l'expiration du délai | Permettre de résilier un contrat d'abonnement par voie électronique |
| Depuis quand | En vigueur en 2026. La date d'entrée en vigueur exacte n'a pas pu être établie à partir des sources officielles consultées | 1er juin 2023, loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d'achat |
| Qui est concerné | Toute vente à distance à un consommateur | Les contrats qui peuvent être conclus en ligne, et pas seulement ceux effectivement conclus en ligne |
| Sanction | 15 000 € (entreprise individuelle) / 75 000 € (société) | 15 000 € / 75 000 € |
Retenez la conséquence concrète : une boutique qui vend des produits à l'unité, sans abonnement, n'est pas concernée par la résiliation en trois clics, mais elle l'est par la fonctionnalité de rétractation.
Tout professionnel, « quels que soient la taille et le secteur professionnel », doit choisir un médiateur de la consommation avant la survenance d'un litige, et en communiquer les coordonnées « de manière visible et lisible » sur son site internet, dans ses CGV et sur ses bons de commande. Le médiateur doit être agréé par la Commission d'évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation, pour trois ans.
Sanction du non-respect : amende administrative de 3 000 € pour un entrepreneur individuel et 15 000 € pour une société (service-public.gouv.fr, fiche F33338 — relevé du 24 août 2026).
« Le règlement (UE) n° 524/2013 est abrogé avec effet au 20 juillet 2025. »
— Règlement (UE) 2024/3228 du Parlement européen et du Conseil du 19 décembre 2024, article 1er
La plateforme européenne de règlement en ligne des litiges — celle dont le lien figure encore dans quantité de CGV françaises — est fermée depuis le 20 juillet 2025. La Commission européenne l'indique explicitement, la DGCCRF le confirme (« définitivement supprimée le 20 juillet 2025 »), et l'ancienne adresse redirige aujourd'hui vers une page d'information (vérifié le 24 août 2026).
L'obligation de fournir ce lien découlait de l'article 14 du règlement abrogé ; elle disparaît donc mécaniquement. Aucune source officielle ne l'énonce en ces termes — je le présente comme la déduction qu'il est. En revanche, un fait est certain : si vos CGV pointent encore vers cette plateforme, elles envoient vos clients vers une page morte. C'est l'une des corrections les plus simples à faire aujourd'hui.
La Commission renvoie désormais vers une base de données des organes de règlement des litiges des États membres, de Norvège et d'Islande.
Pour une clientèle de particuliers, les CGV doivent obligatoirement figurer sur le site. Elles mentionnent au minimum : les caractéristiques essentielles, le prix total TTC, les garanties légales, l'existence ou l'absence du droit de rétractation avec son formulaire type, et la possibilité de recours à la médiation.
Pour une clientèle professionnelle, les CGV sont facultatives sur le site mais doivent pouvoir être communiquées sur demande — le refus de communication est sanctionné de 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale.
Elle doit être clairement titrée « politique de confidentialité », « page vie privée » ou « données personnelles », et l'information doit être « concise, transparente, compréhensible et facilement accessible » : identité du responsable de traitement, finalité, base légale, durée de conservation, droits des personnes.
Le registre des traitements est obligatoire au-delà de 250 salariés, mais aussi en deçà dès lors que le traitement n'est pas occasionnel, qu'il présente un risque pour les droits et libertés, ou qu'il porte sur des données sensibles (service-public.gouv.fr, fiche F24270, vérifiée le 26 avril 2024 — relevé du 24 août 2026). Une boutique qui tient un fichier clients est donc concernée en pratique.
La CNIL a publié le 16 janvier 2026 une version consolidée de sa recommandation cookies, combinant sa délibération de septembre 2020 et une délibération du 18 décembre 2025. Trois points concrets en ressortent :
Sont exemptés de consentement, notamment : l'authentification, la sécurité, la conservation du panier d'achat, la personnalisation de l'interface et l'équilibrage de charge. Et une règle qui reste mal appliquée : « le silence des personnes, qui peut passer par la simple poursuite de leur navigation, doit désormais s'interpréter comme un refus ».
Une précision de fondement, souvent fautive dans les articles de blog : le régime des cookies repose sur l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, transposant la directive ePrivacy — pas directement sur le RGPD.
Deux régimes coexistent, et les confondre est l'erreur la plus fréquente. Les montants ci-dessous ont été relevés le 24 août 2026 sur service-public.gouv.fr et economie.gouv.fr.
| Manquement | Personne physique / EI | Société | Nature |
|---|---|---|---|
| Absence de mentions légales | 1 an d'emprisonnement et 75 000 € | 375 000 € | Pénale |
| Absence de CGV (clientèle de particuliers) | 3 000 € | 15 000 € | Administrative |
| Information précontractuelle manquante | 3 000 € | 15 000 € | Administrative |
| Non-respect du droit de rétractation | 15 000 € | 75 000 € | Administrative |
| Absence de fonctionnalité de résiliation en ligne | 15 000 € | 75 000 € | Administrative |
| Absence de médiateur ou d'information sur la médiation | 3 000 € | 15 000 € | Administrative |
| Défaut d'information RGPD | 1 500 € | 7 500 € | Pénale |
| Pratique commerciale trompeuse | 2 ans d'emprisonnement et 300 000 € | Montant non précisé par la source consultée | Pénale |
La peine d'emprisonnement associée aux mentions légales signale sans ambiguïté qu'il s'agit d'une sanction pénale, prononcée par un juge, et non d'une amende administrative infligée par la DGCCRF. Confondre les deux régimes est l'erreur la plus visible dans les articles recopiés.
À compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront également les émettre à cette date ; pour les PME, TPE et micro-entreprises, l'obligation d'émission arrive le 1er septembre 2027.
Aucun report n'était mentionné sur impots.gouv.fr ni sur economie.gouv.fr au 24 août 2026. Le détail opérationnel est traité dans ce que doit faire une boutique en ligne et, pour les indépendants, dans la checklist du freelance.
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Toutes les données de cet article ont été relevées le 24 août 2026 sur les sources officielles citées. Certains points sont signalés dans le texte comme non établis par une source officielle : ils sont présentés comme tels et non comme des certitudes. La réglementation évolue vite. Ceci n'est pas un conseil juridique ; pour votre situation, adressez-vous à un professionnel du droit.
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